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https://www.lemonde.fr/international/article/2026/09/16/en-russie-un-etat-predateur-au-service-de-la-guerre_6775246_3210.html

La libération de « l’antiquaire », le surnom de Traber dans le milieu, a fait jaser à Saint-Pétersbourg, la ville qui lui servit de tremplin. Associé à l’une des mafias les plus puissantes, la Tambovsko-Malychevskaïa, il avait réussi, au tournant des années 1990, à s’approprier les ports de la région. L’époque était brutale, et le partage des biens de l’ex-empire soviétique, totalement hermétique à la notion de propriété privée, se faisait à coups de kalachnikov

Payer pour sortir de prison

Après avoir fait éliminer plusieurs responsables locaux peu coopératifs, parmi lesquels le chargé des privatisations à la mairie, Mikhaïl Manevitch, tué par balle, le 18 août 1997, Traber et ses associés parvinrent à mettre la main sur le port de l’ancienne capitale impériale et sur son terminal pétrolier. Non sans l’aval de la municipalité, plutôt conciliante. Le maire Anatoli Sobtchak (1991-1996) – un « démocrate », comme on disait à l’époque –, soucieux de ne pas se salir les mains, avait confié le portefeuille des relations avec les milieux interlopes à son adjoint au commerce extérieur, Vladimir Poutine, un ancien du KGB rompu aux actions clandestines. C’est ainsi que Traber reçut du maire adjoint, en mai 1996, le monopole de la fourniture de carburant pour l’aéroport