Etat des lieux de la transformation durable en entreprise

ENVIRONNEMENT & SOCIÉTÉ

Etat des lieux de la transformation durable des entreprises et de la perception des dirigeants face aux enjeux environnementaux. Je vous propose un résumé de l'étude "Un monde en équilibre 2026 : repenser la résilience" du Capgemini Research Institute.

Je lis en détail et avec un regard critique la plupart des études des grands cabinets internationaux pour me faire ma propre opinion sur la réalité de la transformation des entreprises.

En ce qui concerne, la transformation durable, l’étude « A world in balance 2026 »du Capgemini Research Institute, vaut vraiment le détour.

Parmi les points clefs que je retiens :

  • Les entreprises ont conscience de l'impact négatif du changement climatique sur leur propre activité, mais peinent à le mesurer.

Seulement 15 % des organisations ont pleinement quantifié l'impact financier des perturbations liées au climat. Bien que plus de 80 % d'entre elles soient conscientes des conséquences négatives du changement climatique sur leurs activités, seule une minorité parvient à les mesurer efficacement.

  • Les tensions géopolitiques repositionnent la durabilité comme un impératif de résilience. Près des deux tiers des dirigeants interrogés s'accordent à dire qu'en raison des pressions géopolitiques, les décisions liées à la durabilité dans leur organisation concilient de plus en plus les objectifs d'émissions avec la résilience, la sécurité et la continuité.

  • La transformation durable devient un enjeu business. La plupart des dirigeants interrogés perçoivent désormais la durabilité comme un levier d'avantage concurrentiel. C'est une bonne nouvelle. Pour autant, je pense que beaucoup restent sceptiques et je suis persuadé qu’il faut davantage prouver par l’exemple et mieux communiquer sur les success stories démontrant comment la transformation durable contribue à réduire les risques et les coûts, à accroître le chiffre d'affaires et à renforcer la valeur de la marque.

    Nouvelle donnée intéressante que je n’avais encore vue nulle part ailleurs : les dépenses consacrées à la durabilité devraient passer de 1,04 % du chiffre d'affaires en 2025 à 1,2 % en 2026.

  • Sa mise en œuvre est compliquée pour la grande majorité des entreprises. L'indice de maturité en matière de durabilité du Capgemini Research Institute a reculé pour la deuxième année consécutive, passant de 111 en 2025 à 105 en 2026. Capgemini estiment que seules 5 % des organisations sont pionnières.

  • L'IA comme moteur d'exécution ? Même si 45 % des dirigeants reconnaissent que l'IA a considérablement accru les émissions de gaz à effet de serre de leur organisation, 71 % estiment que les avantages de l'IA générative sont supérieurs à ses impacts négatifs sur l'environnement.

C'est la partie de l'étude où je suis le plus sceptique, car tout dépend de quels bénéfices on parle. Ne vous méprenez pas : je suis d’accord que l'IA peut être mise au service de l’environnement (optimisation de la chaîne d'approvisionnement et de la logistique, efficacité énergétique et réduction de la consommation, reporting extra-financier et vérification des données...). Mais je pense qu'il est encore difficile de le mesurer, pour deux raisons simples :

  1. Il faut intégrer le fameux paradoxe de Jevons : l'efficacité énergétique stimule la consommation

  2. Le manque d'accès aux données et de transparence reste de loin LE principal défi en la matière.

Pour plus d’informations, je vous invite à lire par vous-même l’étude : plus d’informations en français ici.

Si ce sujet vous intéresse, j’ai accompagné différents clients sur l’intersection entre développement durable, marketing et IA donc n’hésitez pas à me contacter.