L'ère post-smartphone n'a pas encore vraiment démarré
TECH & IA
10/9/2026


Cet article analyse le déclin des ventes de smartphones et l'émergence lente et progressive de nouveaux interfaces. Montres et lunettes connectées complètent aujourd'hui nos smartphones plus qu'elles ne les remplacent. Enjeux pour les marques.
D'après IDC, les ventes de smartphones auraient chuté de 22% au troisième trimestre 2026, un "niveau record" que n'avait encore jamais observé le cabinet d'analyse.
Pourquoi les ventes de smartphones sont-elles en chute libre ?
Les ventes de smartphones s’effondrent en volume sur l’entrée de gamme – essentiellement à cause de l’inflation des coûts mémoire que les fabricants chinois sont obligés de répercuter pour préserver leurs marges.
La durée de renouvellement s’allonge car les consommateurs ne peuvent plus se permettre de payer si cher. L’abonnement revient donc en force pour lisser l’inflation mais se concentre sur le haut de gamme.
Quels sont les perdants et les gagnants ?
Apple s’en sort mieux que les autres car il a un positionnement très premium et a déjà basculé dans une logique de services, d’abonnements et de fidélité à un écosystème.
Comme je l'explique dans cet article des Echos, La position de Samsung est unique car il peut mieux absorber les coûts car il pèse lourd dans l’écosystème global du hardware en fabriquant ses propres puces, mémoires et écrans, mais surtout parce que le conglomérat est le premier bénéficiaire de la ruée vers l’infrastructure IA et les puces pour serveurs des hyperscalers. Au final, sa dvision puce finance sa division mobile.
Dans une moindre mesure, Huawei tire son épingle du jeu avec sa position sur le marché chinois et sa bascule vers son écosystème propriétaire Harmony OS.
Au final, l’intégration de l’IA est complexe pour les fabricants car elle accroît la pression sur les coûts et les marges sans être encore un argument de vente massif. Tout l’enjeu sera de vraiment prouver la valeur d’usage et l’expérience client pour le consommateur final.
L'ère post-smartphone a-t-elle vraiment débuté ?
Pour moi, la réponse est clairement: non pas encore.
Il y a beaucoup de "hype" sur de nouvelles interfaces ou objets IA comme ceux que pourraient lancer OpenAI avec Jony Ive (ancien chef du design d'Apple).
Les volumes de ventes de bijoux, bracelets et autres montres connectées (plus de 185 millions d'unités) en 2025 s'accélèrent. Meta parie sur les lunettes connectées et en a vendu plus de 7 millions d'unités en distribuant des marques (Ray-Ban, Oakley) dans de nombreux points de vente grâce à son partenariat avec EssilorLuxottica. Samsung et Apple devraient suivre mais le marché sera limité à quelques dizaines de millions d'unité d'ici 2030, encore très loin du volume de ventes de smartphones, estimé à plus de 1,2 milliards en 2025.
Quels enjeux pour les marques?
Aujourd'hui, les objets connectés sont davantage un complément qu'un substitut aux smartphones, qui restent le hub de nos expériences connectées.
Dans les années qui viennent, les interfaces multimodales qui feront appel à nos sens vont se développer pour permettre des interactions plus contextuelles et conversationnelles.
Par exemple, l'usage principal des lunettes connectées passe aujourd'hui par l'audio. C'est le pari de Meta qui a lancé récemment de nouvelles lunettes connectées sans caméra. Comme je l'expliquais récemment à Challenges, Meta veut diffuser son assistant personnel Muse AI en faisant des lunettes un cheval de Troie pour entrer dans le quotidien des utilisateurs.
Pour les marques, cela veut dire que l'IA impose de repenser l'interface. Plus qu'une ère post-smartphone, mieux vaut se préparer à contextualiser l'expérience utilisateur.
Plus d'informations, sur ce précédent article 'AI is the new UI".
Par Thomas Husson, analyste indépendant.
© 2026 THOMASHUSSON-
suivez-moi sur


Thomas Husson Advisory
47 rue Vivienne
75002 Paris
thomas@thomashusson.com